Bonjour, on est le lundi 1er juin 2026. Voici votre Presto en environ 17 minutes. Au menu aujourd'hui : Iran et Moyen-Orient, Israël et le Liban, politique canadienne, économie et marchés, et technologie.
On commence par le dossier le plus actif ce matin, celui que nous suivons depuis le début de la semaine : l'Iran et les États-Unis.
Selon Radio-Canada, la BBC et CBC, les deux pays ont échangé de nouvelles frappes militaires ce week-end, portant un nouveau coup au cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril. L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes qu'elle qualifie de défensives sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine. Ces frappes ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et sur l'île de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz, selon le Commandement américain pour le Moyen-Orient, cité par Radio-Canada. Washington dit avoir agi en réponse à la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales.
De son côté, l'Iran a riposté. Les Gardiens de la révolution affirment avoir frappé une base utilisée par l'armée américaine, sans nommer le pays visé. Le Koweït a dit avoir intercepté des missiles et des drones, et a attribué ces attaques à l'Iran. Reuters confirme que le Koweït a aussi été touché dans ces échanges.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les États-Unis de violer à nouveau le cessez-le-feu. Téhéran a réitéré que le nucléaire iranien ne fait pas partie des discussions à ce stade, contrairement aux attentes de Donald Trump. L'Iran a aussi rappelé qu'un cessez-le-feu au Liban, où son allié le Hezbollah combat Israël, constitue une condition essentielle à tout accord, selon le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.
Sur la question nucléaire, Trump a publié sur Truth Social que le projet d'accord stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire, selon Radio-Canada. L'Iran, de son côté, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique.
CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours, avec des clauses sur la réouverture du détroit d'Ormuz et un cadre de reprise des négociations nucléaires. Selon Axios, cité par Radio-Canada, Trump veut davantage de fermeté de la part de ses négociateurs. Le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, a dit ne pas approuver d'accord tant que les droits du peuple iranien ne sont pas garantis.
Reuters rapporte lundi matin que Trump a dit publiquement que l'Iran veut vraiment conclure un accord avec les États-Unis. Mais les frappes se poursuivent en parallèle des négociations.
Pour rappel, ce conflit a débuté le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine contre l'Iran. Il a fait des milliers de morts, selon Radio-Canada, et fait grimper les prix du pétrole. L'Iran bloque le détroit d'Ormuz depuis fin février, une voie maritime essentielle pour le transport mondial d'hydrocarbures. Les États-Unis exercent de leur côté un blocus des ports iraniens.
Par ailleurs, BBC Verify rapporte lundi matin que des images satellites montrent que les frappes iraniennes ont endommagé 20 sites militaires américains depuis le début du conflit, soit davantage que ce qui avait été reconnu publiquement.
On reste dans la région, parce que le front libanais complique directement les négociations sur l'Iran.
Selon la BBC et l'Associated Press, l'armée israélienne a pris le contrôle du château de Beaufort, un site historique dans le sud du Liban. L'AP décrit cette opération comme l'incursion la plus profonde d'Israël au Liban en 26 ans.
Ce matin, la BBC rapporte que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné des frappes sur le quartier de Dahieh, dans la banlieue sud de Beyrouth, un secteur décrit comme un bastion du Hezbollah. Al Jazeera publie des vidéos montrant des habitants qui quittent la banlieue sud de Beyrouth dans un trafic dense, en réponse aux avis d'évacuation émis par Israël. Radio-Canada précise qu'il s'agit de l'incursion terrestre la plus profonde d'Israël chez son voisin depuis deux décennies.
Le Devoir rapporte que l'Iran a réitéré lundi qu'un accord avec les États-Unis est conditionnel à un cessez-le-feu au Liban. Ce lien entre les deux fronts complique la diplomatie en cours : Téhéran ne veut pas signer quoi que ce soit à Washington tant qu'Israël avance au Liban.
L'Associated Press souligne dans un texte d'analyse que l'incursion terrestre israélienne au Liban est l'un des facteurs qui rendent un accord Iran-États-Unis plus difficile à conclure.
Quelques autres nouvelles internationales à mentionner rapidement.
En France, la marine française a saisi dimanche un pétrolier russe sanctionné, avec l'appui d'un hélicoptère britannique, selon la BBC. Le président Macron a confirmé l'opération. Radio-Canada précise qu'il s'agit du quatrième pétrolier russe de ce type intercepté en mer par la France depuis septembre 2025. Moscou dénonce ce qu'il appelle de la piraterie.
En Hongrie, Al Jazeera rapporte que le premier ministre Peter Magyar a annoncé son intention de modifier la constitution pour forcer le départ du président Tamas Sulyok, à qui il avait donné jusqu'à dimanche pour quitter son poste. Magyar est arrivé au pouvoir en avril.
En Colombie, le premier tour de l'élection présidentielle tenue dimanche mène à un second tour prévu le 21 juin, selon CBC. Le candidat de droite Abelardo de la Espriella, décrit comme proche de l'administration Trump, affrontera le sénateur de gauche Ivan Cepeda.
En Birmanie, l'Associated Press et la BBC rapportent qu'une explosion dans un bâtiment servant à stocker des explosifs dans un village tenu par des insurgés a tué plus de 45 personnes. Les insurgés attribuent la cause à des explosifs utilisés pour des activités minières, près de la frontière chinoise.
Sur la scène politique canadienne, deux dossiers ce matin.
D'abord, le premier ministre Mark Carney doit annoncer aujourd'hui de nouvelles mesures pour lutter contre l'antisémitisme et la haine au Canada, selon le National Post. La Presse signalait ce matin que la journée au fédéral comprend aussi un suivi du dossier de Christine Fréchette, première ministre du Québec, dont on sait qu'elle a condamné le rassemblement de Shawinigan ce week-end.
Justement, côté québécois, on ne peut pas passer sous silence les réactions politiques au rassemblement tenu samedi à Shawinigan. Radio-Canada et le Journal de Montréal rapportent que des participants ont brandi une banderole indiquant "Je me souviens d'un Québec blanc" au parc des Vétérans, en Mauricie. Le rassemblement n'avait pas reçu d'autorisation municipale.
Les réactions politiques ont été unanimes. Christine Fréchette, première ministre du Québec, a déclaré avoir été profondément choquée et a condamné avec la plus grande fermeté les messages racistes véhiculés. Le chef libéral provincial Charles Milliard, le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon, ainsi que Québec solidaire ont aussi condamné l'événement. Le député fédéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, a qualifié le geste de déplorable. Le cabinet du maire de Shawinigan a publié une déclaration soulignant que la ville est un lieu ouvert et inclusif.
Paul St-Pierre Plamondon a nommé dans sa déclaration le groupe Second Sons Canada, qu'il décrit comme un groupe suprémaciste blanc se cachant derrière le sport pour recruter, et l'a identifié comme ayant été classé comme groupuscule haineux par la Sécurité publique.
Deuxième dossier fédéral : une réforme dans les Conservateurs de la Colombie-Britannique. The Hub rapporte que Kerry-Lynne Findlay a été choisie comme nouvelle cheffe du Parti conservateur de la C.-B. Elle doit maintenant gérer des tensions internes avant une élection qui pourrait être déclenchée rapidement.
En marge, La Presse rapporte qu'une enquête de Radio-Canada a révélé que le gouvernement québécois était informé depuis 2022 de fraudes liées à la pollution des camions dans des garages, mais a attendu un reportage de l'émission Enquête pour ouvrir une enquête formelle.
Côté économie, les marchés ouvrent ce lundi sur fond de tensions géopolitiques persistantes, mais les investisseurs semblent pour l'instant davantage attentifs à la vague d'annonces technologiques qu'aux échanges de frappes au Moyen-Orient.
Bloomberg rapporte que les actions ont terminé vendredi en hausse, et les marchés mondiaux restent proches de leurs niveaux records au début de juin, selon Reuters. La formulation de Reuters dit que l'enthousiasme pour l'intelligence artificielle l'emporte sur les inquiétudes liées à la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Les marchés asiatiques et européens évoluaient en territoire positif en début de séance, selon Bloomberg.
Deux nouvelles importantes sur le plan des entreprises. D'abord, Berkshire Hathaway a annoncé l'acquisition du constructeur résidentiel Taylor Morrison pour 6,8 milliards de dollars américains en espèces, selon Reuters. Le Financial Times rapporte le chiffre légèrement différent de 8,5 milliards, possiblement en tenant compte de la dette incluse. Il s'agit de la première grande transaction sous la direction de Greg Abel, le successeur de Warren Buffett à la tête de Berkshire. L'acquisition vise à élargir la présence de Berkshire dans le secteur immobilier résidentiel américain.
Ensuite, le Financial Times rapporte que les actions de Wise, le service de transferts d'argent en ligne, ont baissé après l'annonce d'une enquête pour blanchiment d'argent.
Sur la Réserve fédérale américaine, le Financial Times rapporte que l'ancien président de la Fed, Jay Powell, a livré un avertissement dans un discours en décrivant l'institution comme soumise à un "stress test". Le Wall Street Journal note de son côté que Kevin Warsh, dont le nom circule pour succéder à Powell, plaide pour que la Fed repense sa façon de mesurer l'inflation.
En Asie, SoftBank a dépassé Toyota pour devenir la plus grande entreprise du Japon par capitalisation boursière, une première depuis plus de 20 ans, selon le Financial Times. Cette ascension est directement liée aux investissements massifs de SoftBank dans l'intelligence artificielle, dont les 75 milliards d'euros annoncés la semaine dernière pour des centres de données en France.
Du côté de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Les Affaires rapporte que la Caisse investit dans la fibre optique et l'énergie au Brésil. Les détails de la transaction ne sont pas précisés dans les sources disponibles.
Enfin, une note sur la Coupe du monde de soccer. BMO estime, selon Global News, que le tournoi prévu au Canada cet été devrait générer une hausse modeste du produit intérieur brut, portée par les dépenses touristiques et hôtelières. La banque parle d'un rebond de courte durée.
Un mot sur la technologie, avec Computex 2026 qui bat son plein à Taipei cette semaine et domine l'actualité du secteur.
La nouvelle la plus importante est la confirmation par Nvidia de sa puce RTX Spark. Selon The Verge et Reuters, Nvidia entre officiellement dans le marché des ordinateurs personnels grand public avec une puce complète, à la fois pour le calcul et le graphisme, destinée aux ordinateurs portables et aux mini-PC. La version phare de la puce comprend 20 coeurs de processeur, 6 144 coeurs de GPU, et 128 gigaoctets de mémoire LPDDR5X. Nvidia la décrit comme la puce PC la plus efficace jamais construite, selon le directeur principal de gestion des produits Mark Aevermann, cité par The Verge, sans qu'aucun chiffre précis ne soit fourni pour appuyer cette affirmation.
Plusieurs fabricants ont déjà des appareils prêts pour cet automne : Microsoft, Asus, HP, MSI, Lenovo et Dell, selon The Verge. Microsoft a présenté le Surface Laptop Ultra, décrit par l'entreprise comme son produit le plus puissant à ce jour. Dell lance un nouveau XPS 13 à 699 dollars américains, positionné comme un concurrent du MacBook Neo d'Apple, avec un prix promotionnel à 599 dollars pour les étudiants jusqu'en septembre.
Côté antitrust, The Verge rapporte que la Commission fédérale du commerce américaine, la FTC, mène une enquête sur les pratiques de Microsoft dans les services infonuagiques Azure et dans l'intelligence artificielle. La FTC aurait envoyé des demandes d'enquête civile, similaires à des assignations à comparaître, à au moins une demi-douzaine d'entreprises concurrentes de Microsoft. L'enquête porterait notamment sur des comportements potentiellement exclusifs dans le marché infonuagique.
Enfin, Ars Technica rapporte qu'en mai, un modèle interne d'OpenAI a résolu la conjecture des distances unités d'Erdős, un problème de géométrie discrète sur lequel les mathématiciens travaillaient depuis 80 ans. Tim Gowers, lauréat de la médaille Fields, la plus haute distinction en mathématiques, a écrit que ce résultat constitue une étape importante en mathématiques pour l'IA. Daniel Litt, professeur à l'Université de Toronto, a décrit ce résultat comme le premier exemple d'un résultat produit de façon autonome par une IA qui l'intéresse en lui-même, et non seulement comme indicateur de progrès.
Du côté des exportations de puces, Reuters rapporte que les États-Unis ont pris des mesures pour bloquer les livraisons de puces d'intelligence artificielle Nvidia aux entreprises chinoises établies hors de Chine, une extension des restrictions déjà en vigueur sur le marché chinois.